Aller au contenu

Fraude au faux RIB : la repérer avant de payer

Publié le 26 septembre 2026

Un fournisseur vous transmet de nouvelles coordonnées bancaires, vous payez la facture suivante, et l’argent part chez un escroc. La fraude au faux RIB ne demande ni virus ni lien piégé : seulement un mail crédible au bon moment.

Ce qu’est la fraude au faux RIB

Un escroc se fait passer pour l’un de vos fournisseurs et vous communique un nouvel IBAN. Vous payez la facture suivante sur son compte. Le vrai fournisseur n’est jamais payé, et quand l’erreur apparaît, souvent à la relance, l’argent a déjà été déplacé.

La menace grandit. En 2025, la fraude au virement (faux RIB et faux ordres de virement) est entrée dans les trois principales menaces pour les entreprises et associations suivies par Cybermalveillance.gouv.fr : 13,5 % des demandes d’assistance, 93 % de plus qu’en 2024. Selon le baromètre Allianz Trade 2026, 60 % des PME ont subi au moins une tentative de fraude en un an, et la fraude au faux fournisseur est la plus fréquente des fraudes externes.

Trois façons de vous faire changer de RIB

Le faux fournisseur

L’escroc écrit depuis une adresse qui ressemble à celle du fournisseur : une lettre changée (imprimerle au lieu de imprimerie), un tiret en plus, une autre extension. Le nom affiché dans votre messagerie, lui, est identique.

La vraie boîte, piratée

Plus difficile à voir : l’escroc a pris le contrôle de la messagerie du fournisseur. Il répond dans un fil existant, depuis la vraie adresse. Rien dans l’expéditeur ne le trahit. Nous y consacrons un guide : boîte mail d’un fournisseur piratée.

Le document modifié

La facture ou le RIB en PDF est authentique à un détail près : l’IBAN. Le mail ne dit parfois rien de particulier, et le changement n’apparaît que dans la pièce jointe.

Les signaux qui doivent vous arrêter

  • Un changement de coordonnées bancaires annoncé par mail, quelle que soit l’explication : changement de banque, audit, maison mère, fusion.
  • Une urgence ou une demande de discrétion : « avant ce soir », « confidentiel », « ne pas en parler ».
  • Une adresse d’expéditeur, ou de réponse, légèrement différente de d’habitude.
  • Un IBAN dans un autre pays que celui du fournisseur, ou dans une autre banque sans raison connue.
  • Une facture qui arrive exactement quand vous en attendiez une : l’escroc a lu vos échanges.

La seule vérification qui marche

Appelez le fournisseur, au numéro que vous connaissez déjà : celui de sa fiche dans votre logiciel, d’un ancien bon de commande ou de son site officiel. Jamais le numéro écrit dans le mail qui annonce le changement : il peut mener à l’escroc.

Demandez à votre interlocuteur habituel de confirmer le nouvel IBAN, chiffre par chiffre. Notez la date, le nom de la personne et le numéro appelé. Faites ensuite valider la modification par une deuxième personne avant le premier paiement. Le détail est dans notre procédure en cinq étapes.

Si le virement est déjà parti

  1. Appelez votre banque immédiatement pour demander le rappel des fonds. Chaque heure compte.
  2. Déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, avec les mails et leurs pièces jointes.
  3. Prévenez le fournisseur : sa messagerie est peut-être piratée, et ses autres clients sont exposés.
  4. Faites-vous accompagner : Cybermalveillance.gouv.fr oriente les entreprises victimes.

Ce que Vigirib fait à votre place

La vérification par téléphone reste indispensable. Le problème est de savoir quand la faire : une demande explicite se remarque, un IBAN qui change discrètement dans une facture ordinaire, beaucoup moins. Vigirib garde en mémoire l’IBAN de chacun de vos fournisseurs et vous alerte dès qu’un mail en présente un autre.

Sources