Vérification du bénéficiaire (VoP) : ce qu’elle bloque, ce qu’elle laisse passer
Publié le 26 septembre 2026
Depuis le 9 octobre 2025, les banques de la zone euro comparent le nom du bénéficiaire que vous saisissez au nom du titulaire du compte, avant chaque virement. Cette vérification gratuite arrête beaucoup d’erreurs et une partie des fraudes. Pas toutes.
D’où vient cette obligation
Elle découle du règlement européen 2024/886 sur les virements instantanés. Elle s’applique aux virements SEPA en euros, classiques comme instantanés, pour les particuliers comme pour les entreprises. Selon le guide de la Banque de France et du Comité national des moyens de paiement, le service est gratuit pour le client, et il vise notamment les fraudes qui reposent sur des RIB falsifiés ou le piratage de boîtes mail.
Les quatre réponses possibles
- Correspondance : le nom saisi est celui du titulaire du compte.
- Correspondance partielle : le nom est proche, par exemple abrégé ou mal orthographié. La banque vous indique le nom exact : vérifiez avant de continuer.
- Absence de correspondance : le nom ne correspond pas au titulaire. C’est le signal d’arrêt, et le résultat typique d’un faux RIB.
- Vérification impossible : la banque du bénéficiaire n’a pas pu répondre. Vous payez sans cette protection.
Dans tous les cas, c’est vous qui décidez d’envoyer ou non le virement. En passant outre une alerte, vous en prenez le risque.
Ce qu’elle laisse passer
- Le compte ouvert au bon nom. Si l’escroc a ouvert un compte au nom de votre fournisseur, ou d’une société au nom presque identique, la vérification répond « correspondance ». Des fraudeurs y parviennent, rappelle Hello bank! Pro.
- Les virements par lots. Une entreprise qui transmet ses paiements en fichiers groupés peut renoncer à la vérification pour ces lots, selon le guide du CFONB. C’est fréquent pour les paiements fournisseurs.
- L’alerte devenue habituelle. Une « correspondance partielle » sur un nom commercial abrégé devient banale. Le jour où elle cache une fraude, on la valide par réflexe.
- Le décalage dans le temps. La vérification intervient au paiement, parfois des semaines après le mail qui a changé l’IBAN dans votre logiciel.
Comment la compléter
La vérification du bénéficiaire contrôle un nom. Elle ne sait pas que ce fournisseur a été payé onze fois sur un autre IBAN. C’est exactement ce que Vigirib surveille : il compare chaque IBAN reçu par mail à ceux déjà payés à ce fournisseur, dès l’arrivée du mail. Gardez les deux.
Sources
- Règlement (UE) 2024/886 sur les virements instantanés
- Comité national des moyens de paiement et Banque de France, guide d’utilisation de la vérification du bénéficiaire
- CFONB, la vérification du bénéficiaire dans les échanges informatisés entre clients et banques
- Hello bank! Pro, vérification du bénéficiaire : tout ce qu’il faut savoir